mercredi 18 juillet 2012

Qui est le réel driver?

J'ai alors suivi une formation qui m'a fort interpellée. Cette formation mettait en présence l'animal et son propriétaire et, par le biais du test musculaire du Dr Goodheart, prétendait à améliorer le bien-être et la santé de l'animal. Etant persuadée que ma voie était désormais de m'occuper des animaux je m'apprêtais à me lancer dans cette direction quand je fus très surprise d'une constante dans les soins prodigués : au bout de deux à trois semaines l'efficacité s'estompait...
Il m'a fallu un bon moment pour réaliser que je travaillais une relation et que s'occuper d'un seul côté de cette relation était tout bonnement sans résultat stable. Pourquoi? Parce que ce qui avait amené l'animal a avoir tel ou tel symptôme provenait de l'écologie de son environnement et le replacer dans le même contexte aboutissait à effacer le mieux pour retrouver la chose connue. L'animal était donc porteur de ce que l'on appelle les "drivers" de son propriétaire au point d'avoir des réactions de stress et des comportements déviants.

Un driver est un message, une phrase qui tourne en boucle verbale ayant un effet inhibiteur.

Dans le milieu équestre j'ai ainsi rencontré des cavaliers propriétaires en possession d'étalons ingérables ou de pauvres haridelles "plein papier" qui avaient pour devoir d'accomplir ce que leurs propriétaires rêvaient d'atteindre. "Sois parfait mon bel étalon", "sois parfaite ma belle jument et donne moi un maximum de poulains", "sois fort mon cheval", "fais plaisir et donne-moi ce changement de pied", "dépêche-toi (de passer cette flaque, on va pas y passer la journée!)", "fais un effort (concentre-toi et bosse!)".
En entreprise nous allons retrouver ces mêmes drivers car chacun de nous a reçu des injonctions parentales ou scolaire que la société a repris et que nous entretenons jour après jour. Alors que ces messages seraient censés nous guider dans la "bonne" voie, ils agissent souvent à l'opposé. L'Analyse transactionnelle en a identifié 5 qui sont récurrents chez chacun d'entre nous.

On les appelle des messages contraignants. Ils vont entraîner des réactions de stress inadaptés aux situations en jeu. En équi-coaching ils apparaissent très vite quand l'accomplissement d'un exercice proposé reste sans réponse de la part du cheval. Si c'est inconfortable, la prise de conscience est immédiate ainsi que la mise en pratique rapide d'une conduite écologique pour le coaché, écologie qui mènera à l'efficacité.

Vous les avez lu plus haut ces messages contraignants qui hantent les couloirs des centres équestres, ils sont les mêmes en entreprises :

Sois fort :  cache tes émotions et tes faiblesses, sois un battant, un champion, ...
phrase fétiche : sans commentaires

Sois parfait : lisse, ordonné et irréprochable
phrase fétiche : il faut que... je dois...

Fais plaisir : accepte ce client que ta collègue refuse
phrase fétiche : c'est gentil, s'il vous plaît

Dépêche-toi : fais au plus vite au mieux, sois aux taquets, proactif...
phrase fétiche : abrégeons, dépêchons-nous

Fais un effort : applique-toi mieux sur ce dossier,...
phrase fétiche : j'essaie, c'est dur

Ceci étant chaque driver possède les qualités de ses défauts
Par exemple, le sois parfait est un bon organisateur,  le sois fort est résistant, tenace, le fais un effort est quelqu'un de fiable, le fais plaisir a un bon relationnel et est empathique, le dépêche-toi est efficace, etc... Prendre le temps d'écouter ces messages avec lesquels nous communiquons vraiment sera une belle ouverture.

Car pour lui-même le manager qui identifie ses propres messages contraignants évite de se saboter. S'il repère les drivers de ses collaborateurs il pourra également mieux communiquer avec eux. Le cheval met facilement en lumière nos messages contraignants et il le fait rapidement. Cette efficacité est transposable dans le quotidien professionnel au bénéfice de tous.

mardi 10 juillet 2012

Comment un leader peut-il améliorer ses compétences avec un cheval?

Etre responsable d'un poste est une chose, être responsable d'une équipe peut être déroutant car sans écoute de l'autre la communication sombre dans un sens unique peu épanouissant et la fonction se vide de sens. Etre responsable d'une équipe demande de se connaître et d'apprendre à connaître l'autre - les autres.
Dans la suite des articles précédents sur la façon dont l'équicoaching permet de comprendre que la communication est un échange et vous apprends ce qu'est la puissance d'une émotion,  j'avais un début de compréhension mutuelle dans la découverte de mon cheval.

Une première brèche avait signé un début de communication entre nous... et entraîné  des questions dans mon propre chef. J'avais "sauvé" ce cheval de conditions de vie peu agréables certes mais que - somme toute - 95% de la planète des chevaux de club partagent.

Comprendre maintenant qu'il pouvait demander quelque chose me compliquait singulièrement l'existence. C'était bien plus facile de garder l'option "fais ce que je te dis, le reste c'est moi qui gère!"... J'avais cependant l'impression de rentrer dans un monde totalement inexploré et riche. Et avec un acharnement forcené je me mis en tête d'essayer de le comprendre. Mes précédentes aventures équestres m'avaient toujours mise en position de supérieure hiérarchique bienveillante. Devenir propriétaire avait changé la donne à plusieurs égards dont le plus important : j'avais été le chercher et j'allais en être responsable pour un bon moment...

En entreprise, prendre le rôle du manager faisant fonction pour quelques heures, quelques jours ou quelques semaines, cela peut être plus facile que de tenir la posture de dirigeant à temps plein. A temps plein c'est un apprentissage! 
Je reviens à Fabienne déjà mentionnée dans l'article Hiérarchie et messages clairs assistés par les chevaux. Une croyance tenace qu'elle ne possédait en rien le savoir être d'un manager était particulièrement handicapant.

Quelle idée se faire du savoir faire et du savoir être un dirigeant?
Voyons comment cela s'est passé pour Fabienne.
Dans sa démarche de coaching et lors du séminaire dont je fais mention elle venait "acheter" une recette de leadership à l'extérieur. Pourtant lors de l'activité proposée avec le cheval, et à son plus grand étonnement elle fut la seule à emmener avec elle   le cheval qu'elle avait choisi dans un parcours qu'elle a fait deux fois en pleine euphorie de réussite! Cela devant des hommes dont on aurait attendu qu'ils fussent plus outillés qu'elle dans cette démarche.

Elle a réveillé en elle une compétence ignorée de leader - sans doute enterré depuis trop longtemps et qui était capable de faire bouger un cheval certes mais aussi une équipe. Ses demandes étaient justes, profondément équilibrées, ce qui a permis que le cheval adhère complètement à son projet. Elle a découvert par elle-même qu'être un leader c'était être à l'écoute des autres!

Un mois plus tard j'ai revu Fabienne et voici son témoignage :

"Cette place de leader je me refusais à la prendre. C'est une place où il faut s'occuper des autres à temps plein et je ne voyais pas du tout cet aspect-là dans ma fonction de manager. J'étais beaucoup plus préoccuppée à remettre un dossier impeccable que de m'ouvrir aux autres et écouter ce qu'ils avaient à me dire. J'avais peur de leur réaction et je partais au quart de tour quand je sentais une critique venir. Maintenant je me donne le temps d'arrêter un entretien quand j'ai besoin de réfléchir et je prends note des échanges. Cela me permet de me poser et de prendre des décisions en fonction. Dans mon agenda, je prend le temps de la rencontre individuelle chaque semaine pour une évaluation et une demande. Je mets un point d'honneur à les motiver. 
Quand je repense à ce cheval... c'était une expérience étonnante..."

Expérience qui lui a permis de vivre le savoir être de leader (et non le "savoir faire" qu'elle possédait déjà).

A ce même stage se trouvait un homme en questionnement qui venait chercher cette réponse - vitale pour lui à un tournant de sa carrière - "suis-je un leader?" ... la réponse a fusé rapidement : il préfère suivre au lieu de diriger. Ce constat lui a permis de poser des choix conscients et justes pour lui alors qu'il était parti pour suivre les conseils d'un entourage qui le poussait à lancer son entreprise. Certes répondre à des questionnaires peut aboutir à des résultats équivalents. Ceci étant, vivre dans le ressenti la réponse sans l'intellectualiser permet d'être sûr de son choix et fait toute la différence quant à la prise de conscience.
Tout comme il est impensable d'apprendre à nager dans un livre sans se jeter à l'eau, une expérience d'équi-coaching permet de transposer la prise de conscience du ressenti à l'environnement de travail. Et cela reste acquis des années plus tard.





jeudi 5 juillet 2012

La communication est relationnelle et cela s'apprend


Le lien est mouvant, riche et s'entretient
Ce fameux hennissement (mentionné précédemment dans Hiérarchie et messages claires assistés par les chevaux) je le croyais acquis! ... Pauvre de moi, j'ai du apprendre que cela devait se reconquérir chaque jour.
Et c'est pareil en entreprise. Le lien contractuel qui lie le collaborateur à son manager se gagne chaque jour!
L'instrument de notre communication qui avait allumé une flamme d'intérêt dans les yeux de Lancelot était un immense bâton duquel pendait une corde et qui symbolisait la prolongation du bras - me disait la grande blonde toute calme. A l'aide du grand bâton il fallait faire bouger les hanches du cheval d'un côté puis de l'autre, le faire reculer et enfin poser le bâton sur la maxillaire pour faire bouger l'avant. Ce bâton, elle l'appelait "bâton-carotte". Cela me plongeait dans des abîmes de réflexion, était-ce la couleur orange du plus bel effet qui aurait fait croire au cheval qu'une caresse dudit bâton équivalait à une caresse d'un kilo de carotte? Je ne sais pas. Toujours est-il qu'au bout de trois fois Lancelot avait compris ce qu'il fallait faire. La fois suivante il poussait des soupirs d'ennuis très profonds. Je ne pouvais que constater que la communication qui s'était ouverte entre nous s'éteignait déjà.

Car plus de la même chose génère le même résultat, une communication entre un manager et son collaborateur peut s'éteindre par des demandes répétées ad nauseam.

Et c'est bien ce qui m'est arrivé. Car dans l'idée d'une technique parfaite il fallait que je m'exerce même si Lancelot avait capté la demande à 100% ... derrière, devant, en arrière. Entre les mouvements Lancelot s'endormait. Ca me faisait rire mais j'étais la seule à trouver ça drôle. Le hennissement se faisait rare... je comprenais mal ce qui se passait. Il avait l'air de plus en plus éteint.
Pour être riche et saine une communication doit passer dans les deux sens
Un matin je le remis au box après avoir fait bouger pour la xième fois les trois morceaux de mon cheval. Et laissant par distraction la porte à glissière de son box ouverte je partis vers mon armoire ou les carottes - les vraies - se trouvaient... Et voilà que j'entends mon Lancelot  s'animer derrière moi, prêt à me suivre; je me retourne et n'ai d'autre moyen pour qu'il reste au box que de lui dire un grand "non". Il lève alors un antérieur et je suis stupéfaire de la clareté du geste : tout son corps dit "donne-moi une carotte". Cette forme de demande commune à bien des mammifères, un membre en avant, et que l'on interprétera selon son éducation ou sa culture de "donne-moi" à "s'il vous plaît" ... était absolument limpide. C'est une quête gestuelle bien claire que mon cheval connaissait aussi.
Des trois premiers "jeux" Parelli bien assommants pour lui mais qui avait ouvert une porte dans la communication je n'étais plus la seule à demander quelque chose! Lui aussi me demandait du mieux qu'il le pouvait quelque chose qu'il savait se trouver dans l'armoire. J'ignorais qu'un cheval pouvait communiquer, pouvait penser, pouvait s'exprimer... J'étais chavirée... un échange s'installait.

Une communication c'est un message qui passe dans les deux sens. 

Lancelot me donnait ses trois morceaux de corps que je faisais bouger et qui me contentait à ce stade. De son point de vue de cheval, il était juste qu'il attende de moi un retour. Et comme ce retour se faisait attendre, c'est lui qui en a pris l'intiative. C'est de lui qu'est venu la demande d'un échange.

"L’échange, c’est un temps que le manager consacre à son collaborateur, pour l’écouter ou lui donner un feedback sur son travail.
Est-ce une marque de reconnaissance ? Pour y réfléchir, demandez-vous si vous donnez ce temps et ces feedbacks à des collaborateurs que vous estimez de faible valeur. Si non, il est naturel que vos collaborateurs traduisent votre attention comme une marque de reconnaissance (il me donne un feedback ou il échange avec moi, donc je vaux quelque chose à ses yeux)."
Extrait de l'artice de Karine Aubry sur la Reconnaissance au travail


samedi 30 juin 2012

La base de la motivation expliquée par l'equicoaching









Comme mentionné dans l'article "Hiérarchie et messages claires assisté par les chevaux" je cherchais une voie de communication avec Lancelot. Les choses se sont un peu précipitées lorsque j'ai eu un accident de voiture avec le coup du lapin pour conséquence. La médecine m'interdisant de monter à cheval, c'est une amie qui s'est dévouée pour le monter. Ca se passait un peu mieux avec elle qu'avec moi. Restait cependant une sorte de froideur de la part de mon cheval.
Une écurie de monte américaine se trouvant dans les environs avec des prairies à disposition, et mon incapacité médicale à pouvoir monter ont changés la tournure de notre relation.
Lancelot a traversé les couloirs du manège la tête haute en hennissant. Je n'avais jamais mis un cheval dans un van, c'est donc l'ancien propriétaire qui s'en est occupé non sans y laisser un pantalon déchiré sur un morceau de ferraille.

De votre équipe ou de votre cavalerie : Améliorer l'environnement...
Arrivée dans sa nouvelle écurie, les propriétaires du lieu m'ont recommandé de le lâcher dans la piste couverte avant de lui montrer son box. Il s'est mis a galoper comme un dingue, lançant des coups de cul en l'air et hennissant toujours aussi fort. Cette démonstration d'énergie me sidérait...

J'entendais les gens du manège dirent "il est beau, il lâche son feu, il a du caractère".. Ah bon? Du feu? J'étais infiniment perplexe et je ne comprenais pas ce que les gens disaient. Quand il s'est peu à peu calmé, j'ai pu le reprendre et lui montrer son box. Pas de mur : il pouvait voir tous les chevaux devant, à droite et à gauche et, dans le mur à l'arrière, il y avait une petite fenêtre qui donnait sur la piste extérieure et le soleil couchant. J'ai ressenti de la joie et de l'apaisement. Il reniflait tout, tournait et retournait chaque coin, puis il s'est posé et a entamé son foin.

L'écurie proposait des prairies quelques heures par jour pour autant que les propriétaires y mettent eux-mêmes leurs chevaux. Je me suis fait accompagnée la première fois par la jeune fille du manège, une grande blonde toute calme, qui semblait peu impressionnée par les démonstrations d'énergie de Lancelot. Dans le couloir d'herbes qui menait aux prairies, Lancelot a plongé la tête pour manger et ce fut fort difficile de le convaincre d'arrêter pour arriver à la porte de l'enclos. Une fois dedans il a fait à nouveau un joyeux déballage d'énergie au galop en hennissant à tout va.
Puis dans les jours qui suivirent la grande blonde toute calme m'enseigna trois "jeux" Parelli (une forme de communication qui utilise les codes de langage corporel du cheval) pour que je puisse m'inscrire dans les cours qui se donnaient une fois par mois. Nous étions à pied et je voyais mon cheval en face pour la première fois. J'eus l'impression que, de son côté, il faisait aussi connaissance curieusement. 
Ses oreilles se pointaient toutes droites au-dessus de sa tête de plus en plus souvent quand j'arrivais et ses yeux faisaient comme de se rejoindre au milieu de son chanfrein pour me regarder avec profondeur. Quelque chose de nouveau s'installait entre nous. De la connaissance à la reconnaissance il n'y avait plus qu'un pas... et le doux hennissement que j'attendais depuis des mois est apparu un matin à ma plus grande émotion.

Quel lien avec l'entreprise? 
Un lieu exigu comme un placard à balai éclairé au néon, des tâches assignées par mail, s'ignorer dans les couloirs est fort peu propice à un travail accompli au mieux des compétences de chacun.
Certaines entreprises et administrations l'ont compris puisqu'elles accordent un nombre de fenêtres en fonction du grade hiérarchique! Si c'est une valorisation en soi, l'effet pervers peut vite se faire sentir si cela consiste à se retrouver isolé... dans une cage de verre!

Quand un dirigeant témoigne qu'il se sent incompétent d'avoir à gérer la pression de trois fonctions différentes... où est le bénéfice du nombre de fenêtres s'il n'y a pas de rencontres pour écouter ce qu'il vit et y trouver des solutions?

Quand on en arrive à parler de la gestion du "capital humain" comment peut-on voir l'entreprise par le biais de la rencontre?

Il s'agit d'un tout. Valoriser un collaborateur - en améliorant son environnement - peut être apprécier comme une reconnaissance. Ca ne s'arrête cependant pas là. La rencontre est l'étape suivante, là où un échange peut s'installer. Tu me vois, je te vois aussi.

"J'ai dû assurer les tâches de mon poste, de celui d'un autre projet (suivi finance) et le remplacement de la secrétaire de direction... J'ai craqué en juin. Un collègue est intervenu auprès du management pour me décharger" m'explique cette cliente explosée de fatigue

La motivation par la rencontre

« Je les vois tous 5 mn en face-à-face pour leur exprimer des encouragements lorsqu’ils ont fait mieux que l’avant veille, les féliciter lorsqu’ils ont dépassés les résultats attendus et les aider à améliorer leurs performances lorsqu’ils ne sont pas dans les objectifs. Ce ne sont que 5 minutes, mais ces minutes leurs sont pleinement consacrées. C’est ça aussi, la reconnaissance.» Lionel Abdullah, Team Manager

Ce manager parle de ses employés - pas de ses chevaux... bien que ça pourrait! Moi j'avais changé Lancelot d'environnement, et j'avais aussi changé mon mode de communication avec lui. Par ce biais je pouvais lui exprimer quelque chose et un échange pouvait s'installer.
 

vendredi 22 juin 2012

Quelle est votre définition de l'équi-coaching?


Chevalliance a accueilli cette semaine une dizaine de femmes entrepreneures. Nous avions la consigne de présenter en deux heures l'activité d'équi-coaching. Il faut savoir que pour découvrir et emporter la substantifique moelle de l'équicoaching il est recommandé de suivre deux jours de séminaire... C'était donc un beau challenge! 
Donc à part le fait que toutes ces femmes allaient immanquablement rencontrer des chevaux, l'activité en elle-même leur était complètement inconnue.
Plusieurs d'entre elles étaient ou avaient été cavalières et c'était ce qui les avaient conduit jusqu'au Haras. Les autres faisaient des parallèles avec l'équi-thérapie. L'une d'elle m'avait d'ailleurs contactée pour son fils.

Alors au cours de notre présentation nous leur avons proposé un petit concours. Répondre à la question suivante :

Quelle est votre définition de l'équi-coaching?

Réponse qu'elles devaient nous donner après avoir participé à une petite activité avec les chevaux et la meilleure définition remporterait un cadeau.
Et voici leurs réponses :

"C'est un travail avec les chevaux qui permet d'en apprendre davantage sur soi, son caractère (est-on un leader ou plutôt un suiveur? Comment réagit-on face à certaines situations? Est-on frustré ou toujours aussi motivé?..." (Jennyfer B.)

"Apprendre à communiquer en s'adaptant à l'autre avec créativité, positivité et calme afin d'obtenir son attention et sa coopération." (Katia O.)

"L'équi-coaching est un miroir juste!" (Virginie P.)

"Comprendre les relations humaines par les rapports au cheval. Apprendre le leadership par le partage" (Karine Q.)

"Apprendre à se connaître soi-même grâce à la relation avec le cheval, devenir conscient de nos besoins, ceux des autres et pouvoir arriver ensemble à atteindre un objectif" (Julie D.)

"Technique d'apprentissage de soi et des autres grâce à la relation établie avec la plus noble conquête de l'homme. Le but étant de permettre à chacune de se dépasser et d'optimaliser les contacts-échanges au niveau privé et professionnel. Et c'est génial!" (Sylvie P.)

Parce que toutes les définitions étaient d'une grande justesse, toutes les gagnantes ont reçu en cadeau la rose du succès!

Le témoignage de clôture émanant de Virginie Pierre, présidente du réseau féminin, fut : "ce que j'apprécie particulièrement dans cette approche est la pudeur. Il n'y a aucun déballage de tripes et le ton est juste".



jeudi 14 juin 2012

En equicoaching comme en leadership, tout commence par le plus petit détail

Les femmes se perdent un peu trop souvent dans les diktats de la mode. Alors qu'en tant que fashion victime les femmes savent que compte le moindre détail, elles peuvent se perdre précisément dans l'impact lui-même. Les hommes aussi à leur manière d'ailleurs.
En equicoaching comme en leadership, tout commence par le plus petit détail. Trouver l'impact de son leadership ne tient pas à la hauteur du talon aiguille.
Avec un cheval le rapport est marqué du sceau du contact avec la Nature et ses cycles. C'est moins courant d'avoir un cheval à soi et encore moins de l'avoir chez soi. La bonne nouvelle c'est que par le biais de l'équi-coaching tout le monde bénéficie du bien-être qu'apporte le cheval sans en être nécessairement propriétaire.

Il ne s'agit pas de plonger dès le premier abord dans un bain de sensations et penser que l'on va caracoler sur une croupe à la première seconde. Pour approcher un cheval il faut tenir compte de l'environnement. Des femmes entrepreneures arrivent parfois en séminaire d'equi-coaching en petites bottes de cuir à talons aiguilles du plus bel effet sur un trottoir citadin mais handicapant au milieu d'une prairie et d'une carrière de sable... Evoluant au poids des paquets de boue enfilés dans la chaussure, la silhouette vacillante sur le terrain accidenté, le vernis derrière lequel elles se cachent éclate au grand jour. Quelle image veulent-elles offrir? Se montrer aux autres plutôt que voir l'autre? L'incohérence d'une tenue peut devenir un réel handicap quand on veut imposer sans voir autour de soi.

Se posent les questions de cette rencontre que cela soit au cheval ou à l'autre :

  • Qui allez-vous rencontrer? 
  • Quelle est sa "culture"?
  • Qui voyez-vous vraiment? ... 
  • Quel impact souhaitez-vous donner?... 
  • Comment vous sentez-vous dans la rencontre?  

Tenir compte de ce qui se passe à l'extérieur, en rapport avec les conditions météorologiques. Cette simple prise de conscience de départ va mettre en mouvement des émotions dans la rencontre à soi, à l'autre, à l'environnement.

Une rencontre c'est créer du lien. Pour paraphraser Jean Malaurie, ambassadeur de l’Unesco à Paris, le lien entre les chevaux et les hommes offre la possibilité d'ouvrir une porte vers l’apprentissage socio-émotionnel... mais au fait ...

Tous les animaux sont en équilibre entre eux et dans leur communication, tous les animaux sont respectueux de leur environnement grâce à un apprentissage socio-émotionnel authentique. Qu'en est-il de l'être humain?

Pourquoi l'apprentissage socio-émotionnel peut servir le leadership? 
L'entreprise n'aime certes pas d'entendre parler d'émotions et pourtant, sa lecture est une compétence managériale incontournable. Certes, on peut tenter de faire sans. Ce sera plus laborieux, moins efficace, souvent stérile. La rapidité est dans l'air du temps et quand le timing est bon, le vent est favorable pour l'équipage.

Les émotions sont à la base de toutes nos décisions et jouent un rôle prépondérant dans notre communication orale autant que non-verbale. La lecture d'une émotion constitue une aptitude essentielle pour initier une action et une réponse.

Dans une activité sociale et cognitive, la communication est un aspect primordial et sa qualité implique autant d'aspects intellectuels que socio-émotionnels. L'observation du comportement d'un membre de l'équipe est indispensable pour un dirigeant car cela lui permet de détecter ses réponses affectives qui peuvent être la manifestation de sentiments d'intérêt, d'excitation, de confusion, d'ennui, de méfiance, etc... De cette observation peut venir les décisions d'équilibre.
Une émotion c’est une énergie qui va nous mettre en mouvement par rapport à une information que l’on reçoit soit de notre environnement interne, soit de l'environnement extérieur. L'observation de ce qui nous entoure est donc capital.

Tout commence par le plus petit détail...

 

Découvrir l'environnement, ressentir, faire du lien commence par l'environnement. Et parce que le plus petit détail crée le plus grand effet vous en prenez conscience avec les chevaux. Les émotions au contact d’un animal se vivent dans un cadre sécuritaire, cela implique une rencontre réelle et de belles prises de conscience.
L'ensemble de ces observations aideront dans le développement de l'impact d'un leadership authentique.

"La présence d’un animal réduit les barrières sociales, surtout par le jeu de processus de communication non verbaux ; elle facilite les rapports sociaux ; elle permet d’avoir des relations plus authentiques et de recevoir un soutien émotionnel ; elle augmente l’estime de soi ; elle aide à gérer les situations stressantes et à travailler les deuils ; elle permet d’exprimer des aspects importants de soi-même. (Fransesco Bruni, 2010)"

Parce que le moindre détail compte, les femmes comme les hommes peuvent tirer de grands bénéfices dans l'impact de leur leadership grâce au coaching assisté par les chevaux.

dimanche 4 mars 2012

Hiérarchie et messages clairs assisté par les chevaux


Qui voyons-nous vraiment en l'autre?

J'ai acquis Lancelot dans le centre équestre où je montais. Je me souviens avoir attendu de mon cheval qu'il me soit infiniment reconnaissant. J'espérais qu'il pousse un doux hennissement quand je venais le voir, qu'il me montre un certain attachement. C'était ma vision, mon envie. Mais comment l'y faire adhérer?
Ce cheval DEVAIT être heureux d'être le centre de mes attentions. Et bien.... rien de tout ça!


J'avalais quantité de livres pour comprendre ce cheval. Et j'ai commencé à acheter ... une couverture, des brosses, un cure pied, des bonbons à la pomme, à la banane, un tapis de selle assorti à la couleur de mon pantalon. Je ME faisais plaisir. Et plus je me faisais plaisir, plus il me faisait peur...

Il travaillait moins du fait que j'étais la seule à le monter. Cependant que sa dose de nourriture restait identique... il fallait bien que cette énergie s'exprime quelque part!!

Une amie excellente cavalière est venue le voir pour me montrer les bases de la manipulation. Entre autre premier soin elle attrapa une paire de ciseaux pour lui couper les quelques poils autour de la bouche, "parce que ça n'est pas joli!". Sans savoir pourquoi je me suis sentie extrêmement mal, comme si on avait arraché quelque chose à Lancelot. Bien plus tard j'ai appris que à l'instar des chats ces vibrisses leur servent d'antennes. Les couper équivalait à le priver d'un de ses sens. Comme si nous nous amputions du nez "parce que ce n'est pas joli". Que cela soit aux chevaux ou à nous-mêmes, nous infligeons tellement de sévices que nous en devenons aveugles. Une formatrice qui souhaite se renseigner sur l'approche d'équi-coaching a été tout simplement estomaquée d'apprendre que mes chevaux vivaient en troupeau. Sa vision des chevaux étaient de grands animaux entre trois murs en brique et une porte à barreaux pour les enfermer...

Pour revenir à Lancelot, cette même amie m'emmène un jour sur une piste de galop désaffectée et nous voilà parties dans un sens. J'étais transportée d'euphorie sur un beau rythme rond, me rendant compte que je gérais fort peu l'énergie qui se déployait sous moi. Sur le chemin de retour voilà cette énergie qui m'échappe et nous partons vers la sortie direction ... l'autoroute! Je ne gérais plus rien, j'étais terrorisée. J'entendais mon amie crier derrière moi mais je ne comprenais aucun mot de ce qu'elle me disait. Un moment un arbre m'a paru fort près et j'ai tiré la tête de Lancelot de toutes mes forces dans cette direction. Il s'est arrêté, écumant de force, j'étais anéantie, les genoux trop tremblants pour tenter de descendre. Comme scellée sur le dos de Lancelot pour le pire. Mon amie nous a rejoint pour me dire qu'elle n'avait pas eu peur pour moi une seule seconde et que tout cela s'était très bien passé - d'ailleurs nous allions retourner au manège et j'allais remettre Lancelot au galop! Une fois sur la piste détrempée de pluie mon amie m'a hurlé dessus pour me faire repartir dans une allure à trois temps qui me paraissait le chemin le plus court vers le néant. Au bout d'une demie heure j'ai remis Lancelot au box pour rentrer chez moi très penaude de n'être arrivée à rien.

Mais qui était ce cheval?
Son statut de cheval de propriétaire l'avait vu déménager d'un box au fond d'un couloir pour arriver en face d'une jument qu'il détestait positivement. Chaque fois que j'étais là, je le voyais faire des grimaces terribles, encolant ses oreilles à l'arrière de la tête et montrant les dents dès qu'elle le regardait. A gauche il y avait deux boxes vides qui servaient de débarras. Et à sa droite, son nouveau voisin à qui il envoyait force coups de pieds au travers de la paroi dès la distribution de nourriture. Lancelot était excédé et probablement malheureux.

Pourquoi réagissait-il contre tout son entourage? 
Je l'avais retiré à une bande de copains avec qui il sortait plusieurs fois par semaine en forêt. Il se retrouvait avec des chevaux qu'il ne connaissait pas et il me semblait qu'il avait décidé de ne pas les aimer. J'exigeais de lui qu'il satisfasse à mes demandes et il faisait la sourde oreille. Nous sommes partis dans une escalade de moyens : éperons, cravache, pelham...
La résistance mutuelle se retrouve en entreprise
Les messages... qui ne passent pas! Ou plutôt la résistance mutuelle.
Récemment une formatrice m'a été envoyée par sa hiérarchie pour un "problème de leadership". Fabienne a postulé pour un poste de dirigeante d'une équipe de collègues. Elle est la plus jeune des onze personnes qu'elle dirige. Son nouveau statut n'est pas accepté par ses collègues. Après plusieurs conflits en réunion, c'est l'escalade de moyens.

Sa hiérarchie me l'envoie pour asseoir son leadership et il lui est signifié qu'elle participe ainsi à la formation "de la dernière chance" mais elle ne doit surtout pas dire qu'elle sera avec des chevaux! Pour participer à cette formation elle doit faire deux heures de route le matin et deux heures de route le soir. Fabienne est très courageuse de s'être trouvé dans une situation aussi peu confortable. Elle a été au bout de sa démarche et a brillamment réussi les exercices de leadership.
POURTANT... Elle a réagi comme Lancelot! Elle a couché les oreilles pendant deux jours!... Elle a réagit CONTRE l'entourage à défaut de pouvoir le faire contre sa hiérarchie. Cette hiérarchie qui la connaît fort peu mais en attend beaucoup! Hiérarchie qui ne gère plus rien... comme moi dans les galops de forêts avec Lancelot!

Une compétence managériale : se poser les bonnes questions!
Se demander :
  • En quoi le message "formation de la dernière chance" est-il porteur du sens de ce qu'elle attend de Fabienne?
  • Qu'est-ce que Fabienne pourra faire du non-dit entourant cette formation?
  • Comment cela va-t-il permettre à Fabienne d'intégrer les bénéfices qu'elle pourrait en retirer?
  • Est-elle au claire dans ce qu'elle attend de Fabienne?
  • S'il est vrai que l'on ne peut pas ne pas communiquer... que communique-t-on réellement? Et qu'est-ce que cette hiérarchie a souhaité communiquer?

Pour en revenir à Lancelot, mon intuition me disait qu'un symbole de liberté enfermé entre quatre murs était trop contradictoire pour continuer de lui imposer ce mode de vie pourtant vécue par 95 % des chevaux aujourd'hui... Pour ma part, un cheval en box équivalait à un internement. Or attendre d'un détenu qu'il soit dans un état d'esprit positif quand vous venez aux heures de visite est improbable.
Je voulais entendre ce doux hennissement de reconnaissance et cherchais comment l'obtenir..