dimanche 6 janvier 2013

Pourquoi une formation pour devenir coach avec le cheval?


Parce que l'équi-coaching réunit plusieurs champs de compétences et que cela s'apprend tout simplement.
Il y a tout d'abord le coach et l'apprentissage de la juste posture du coach. Le coach c'est celui qui écoute, qui accompagne, sans jugement, sans interprétations. C'est une belle leçon d'humilité car il lui faut reconnaître ses limites. 
LE COACH
Le coach c'est aussi celui qui vous fait avancer car le coaching est un accompagnement actif. Il s'agit de sortir de la stagnation, d'avancer, d'aider le client à sortir de sa coquille. Cependant il est nécessaire de respecter le bon timing car seul le coaché peut connaître ses ressources d'évolution.

La formation va apprendre au futur équi-coach de rester sans interprétations, sans solutions toutes faites. Il restera dans la bienveillance des difficultés de son coaché et, en lien au cheval, l'évolution de leur relation aboutira si l'équi-coach accepte le non-contrôle.

Alors que je lui demandais ce qui pourrait provoquer un déclic vers son objectif une de mes clientes m'a répondu aussi sec : "si je le savais je ne serais pas là". Tout est là!... Eviter de lui trouver les réponses. Le coaché vient parce qu'il a les solutions justement. Comme le mentionne ma collègue Karine Aubry dans son très bon article "La voix de la résistance" :

Tout l’art du coach est d’accompagner dans la prise de conscience de ce qui est juste pour soi, dans l’ouverture des possibles et le dépassement de soi tout en restant dans une démarche écologique.
LE CHEVAL
La posture de coach se complète de la posture d'équi-coach. Partir à la rencontre du cheval vierge de tout a priori, apprendre à comprendre le monde dans lequel il vit et le reconnaître comme un réel partenaire. Le respecter, respecter ses besoins et lui apprendre qu'il peut dire "non".

Loin de toutes techniques équestres quelles qu'elles soient, il s'agit ici d'établir un lien de vivant à vivant. Vivant dans les émotions, vivant dans l'établissement de limites, vivant dans l'expression de soi, dans la créativité. Et pour cela commencer par balayer toutes croyances et se connaître soi. En se connectant à nos ressentis la relation à l'autre peut s'établir. Débuter par un lien à soi pour aller vers l'autre. C'est de la construction de cette relation que dépend la réussite de l'accompagnement en équi-coaching et c'est pour cela que la formation implique de travailler avec nos propres chevaux. 
Apprendre à apprendre qui nous sommes, apprendre à apprendre au cheval, apprendre à écouter et lui laisser la possibilité de s'exprimer.

Plus que jamais dans la double posture de coach et d'équi-coach, il s'agit ici d'apprendre à travailler avec le vivant et l'instant présent. Le cheval a une lecture de l'humain instantanée, il est dans l'observation d'informations constantes. Il ne perd pas de temps et va droit au but de la connexion. Les prises de conscience sont souvent fulgurantes, et ça demande un bon timing et une pleine conscience de la part de l'équi-coach.

En tant qu'équi-coach il s'agit de capter cet instant pour le transmettre au coaché tout en honorant le cheval. Etre facilitateur de la relation. A l'intérieur de ce trait d'union entre le cheval et le coaché se situe le ferment d'éclosion, de naissance et d'évolution dont seul le coaché (et peut-être le cheval!) connaît la source. C'est ce qui rend l'accompagnement rapide, efficace.

En tant que coach nous pouvons avoir l'illusion d'une maîtrise, en tant qu'équi-coach nous constatons que le vivant nous échappe et le cheval nous replace dans l'essentiel de la vie : le ressenti... 

LE RESSENTI
Les études scientifiques récentes à propos des êtres animaux et de leur vie émotionnelle prouvent le bien fondé de leur intervention dans le développement et la croissance de l'être humain. Le cheval nous reconnecte à la vie tout simplement.

Développer tout ce qui est de l'ordre du ressenti est un des fils rouge de la formation. Cela implique un travail sur soi important, de grandes remises en question et une recherche réelle d'authenticité.

Les échanges sont rapides car ils évoluent dans l'instant présent et dès les premières secondes en présence du cheval l'objectif de séance se déploie. L'art de l'équi-coach est de développer son intuition pour avoir le bon timing d'intervention, indicateur de la qualité de son accompagnement.
Un atelier d'introduction à la formation permet d'appréhender sur deux jours toute la richesse de ce métier.

Les champs d'application de la formation sont :
- le développement professionnel et personnel
- le coaching d'entreprise
- la réhabilitation sociale
- les programmes d'éducation spécialisée
- la psychothérapie

jeudi 3 janvier 2013

L'équicoaching nous explique que tout est lié


Jean-François Clervoy, PDG de la société Novespace et astronaute nous dit ceci : "La Terre vue de l'espace c'est très beau! (...) On voit que la Terre vit, qu'elle est belle, qu'on a de la chance d'avoir un si beau vaisseau spatial pour abriter notre humanité. 
On la compare alors à notre autre vaisseau spatial, celui depuis lequel on l'observe - la navette -, dans lequel on doit faire attention, où la quantité d'oxygène qu'on peut respirer par jour est limitée, comme celle de l'eau et de l'électricité que l'on consomme. On n'a certainement pas envie d'en manquer à la fin de la mission, donc on a constamment ce souci, sans que ça soit une obsession, de faire attention aux ressources à bord, qui sont limitées. L'eau, l'oxygène, le carburant.. On se fait alors la réflexion que sur terre c'est pareil : tous les astronautes reviennent des vols spatiaux certainement beaucoup plus sensibilisés qu'ils ne l'étaient auparavant au fait que la Terre est un vaisseau spatial en soi, aux ressources limitées, et qu'il faut apprendre à nos enfants, aux jeunes générations, à ne pas consommer sans compter." (extrait d'une interview de Stephane Allix)

Il n'est pas nécessaire d'être astronaute pour rejoindre le propos de Jean-François Clervoy ci-dessus. Et c'est une bonne nouvelle car cela limiterait la prise de conscience à seulement 530 personnes sur la planète!
Se retrouver en pleine nature parmi des chevaux en liberté, nous permet de prendre conscience de la beauté de la Terre. Et cela avec autant d'acuité que ce que nous transmet le beau témoignage de Jean-François Clervoy.

Pourquoi avec des chevaux spécialement? Parce qu'ils nous placent directement dans un contexte relationnel. La relation à soi, la relation à l'autre, la relation à l'environnement.
L'époque que nous vivons invite à prendre soin de nos relations car elles sont essentielles. C'est dans la relation à l'autre que l'on existe, quel que soit cet autre. Et si l'on existe autant que cela soit dans une relation agréable. Pour cela il faut changer du paradigme "je gagne, tu dois perdre" vers "je gagne, tu gagnes aussi". Comme dans un troupeau de chevaux, la meilleure solution pour le leader sera la meilleure solution pour le groupe. Encore faut-il être un vrai leader... Le leadership n'est pas une question de dominance ou d'agressivité, le leadership est état de sérénité d'où l'on a une vision claire et inspirante qui donne envie d'adhésion. Le cheval (comme vos équipes) a envie de suivre quelqu'un de calme, serein et qui inspire la confiance. Mieux que ça... le cheval vous apprend à intégrer cette dimension.

La vie en entreprise doit se négocier tous les jours. La gagne, le succès, la réussite devra passer par la reconnaissance de tous avec un modèle inspirant. Le modèle hiérarchisé a fait long feu et l'entreprise devra passer par cette remise en question où l'écoute des autres échelons sauvera de la dérive. A quelques niveaux que ce soit le burn-out guette. Il est le résultat d'une politique de la surdité. La surdité à ces messages nous invitant à poser des limites claires. En ayant des limites claires, on est à l'écoute de soi, des autres. On sort de l'esprit de compétition pour rentrer en coopération.

Comment ce modèle peut-il apparaître dans l'entreprise?

Je citerai Lynne McTaggart, journaliste américaine :

"Jack Canfield a observé chez Microsoft de petits groupes de gens supposés être en compétition d'idées avec d'autres groupes dans le bureau. Cela a créé la culture de la peur. Il a comparé ce fonctionnement à celui de Google où tout le monde travaillait de manière coopérative comme une grande équipe. Lorsqu'une partie du groupe trouvait quelque chose, tout le monde était récompensé. Cela créait vraiment un environnement coopératif ou personne n'était pénalisé, il y avait beaucoup plus d'innovations. En favorisant la coopération, tout le monde faisait mieux."

Je crois que nous pouvons tous faire mieux. Chaque être compte, la plus petite action peut apporter de grands changements.


jeudi 27 décembre 2012

La timidité... un handicap qui disparaît avec l'équicoaching



L'accompagnement assisté par les chevaux possède un large champ d'intervention dont la timidité fait partie. Le terme timidité est un phénomène qui peut aller de la simple gêne momentanée face à des proches ou à des inconnus à la phobie sociale entraînant l'évitement de tout contact avec ses semblables. Des vies entières construites autour de l'évitement, oui cela existe.
Combien de vies sacrifiées, de carrières avortées, de solitudes douloureuses du simple fait d'avoir peur des autres?
Christophe André – psychiatre spécialiste des phobies sociales - nous dit ceci :

« Trac, timidité, inhibition, évitements, rougissements: ces troubles bénins qui gâchent la vie ne pèsent pas seulement sur les relations personnelles. Ils viennent aussi gêner le travail et peuvent même perturber une carrière qui pourrait être brillante. Parmi les hommes qui ont marqué leur époque, qu'il s'agisse d'artistes, de savants ou d'hommes politiques, rares ont été ceux qui sont restés isolés. Tous avaient construit leur vie autour de riches et nombreuses interactions sociales, même si celles-ci n'avaient pas toujours été faciles. Le mythe du génie solitaire et incompris relève de l'exception ou du stéréotype social, mais il ne correspond à aucune réalité tangible. Ce qui est vrai pour les grands hommes l'est sans nul doute pour les gens ordinaires que nous sommes : sans liens réussis avec les autres, comment espérer devenir soi-même? ... » (Source "La Peur des autres" de Christophe André et Patrick Légeron - Ed. Odile Jacob)
Nos problèmes sont souvent d'origine relationnels. Les chevaux qui, comme nous, sont profondément des êtres de relations ont la sensibilité et la générosité nécessaires à ce que l'apprentissage d'une relation saine puisse se faire et être transposée dans un quotidien professionnel (ou privé).

Parce que nous les avons domestiqués et que nous leur imposons des conditions de vie peu épanouissantes certains chevaux peuvent aussi rencontrer également des épisodes difficiles de socialisation. Une fois la phobie dépassée ils deviennent redoutablement efficaces dans l'accompagnement des personnes timides, anxieuses ou phobiques sociales.

Tchekhov a démarré dans la vie avec un handicap de taille : il était sans parent (voir l'article sur le positionnement hiérarchique ). C'est Lancelot, mon premier cheval qui, peu à peu, lui appris qu'il était un cheval. Du poulain timide il est devenu un cheval puissant, charismatique, avec lequel les managers et dirigeants d'entreprise souhaitent souvent travailler.

Comment entrons-nous en relation? 
Notre langage non verbal nous en dit long sur notre façon d'être. Les chevaux excellent dans la lecture subtile de nos émotions. Ils vont les mettre en lumière avec une immense bienveillance. C'est en comprenant notre peur du jugement, notre peur d'être évalué que nous pouvons mettre en place un changement positif.

Quel est le pré-requis pour l'équi-coaching?

Dépasser l'idée que les chevaux sont des animaux créés pour les cavaliers!

Dépasser cette croyance va permettre d'expérimenter en complète sécurité une mise en relation avec un animal dont la générosité est légendaire.
Cette rencontre qui se fait à pied avec un équi-coach comme traducteur de ce qui se passe permet aussi de transposer dans le quotidien le(s) bénéfice(s) des changements amorcés dans le séminaire ou la séance.
La découverte du ressenti de ce que c'est que de « prendre sa place » est une expérience très valorisante, qui se fait sans violence et qui conduit vers une vie épanouissante.
Nous sommes des êtres profondément sociaux et la richesse des liens que nous pouvons former transforme nos vies.

Proposition de coach :
Faites le test de votre peur des autres : test

lundi 24 septembre 2012

Quel positionnement hiérarchique?


Ma pratique de kinésiologue animalière m'ayant dépassé, je me suis trouvée appelée par la compagne d'un éleveur de chevaux de compétition en difficulté avec un de leurs poulains. Cet animal entièrement fabriqué in vitro représentait un danger « pour lui-même et pour les autres », c'est en ces termes que l'on me l'a présenté. Les vétérinaires l'avaient condamné ayant renoncé à comprendre ce qu'il pouvait bien avoir. Un dernier espoir avant la boucherie : la kinésiologie animalière.
Tchekhov – c'était son nom - était « hors de lui », en dissociation constante. La séance de kinésio que je fis se clôtura par un spectaculaire saut par dessus la porte du box où nous nous étions enfermés. Ses postérieurs accrochés à la porte, il se débattait en pédalant de l'avant avec ses antérieurs. J'étais sans voix devant cette avalanche d'énergie désespérée.

La jeune femme qui m'avait appelé pour le sauver étant enceinte, il fut convenu que je prendrais le poulain chez moi pour le soigner. Je ne voulais pas qu'elle prenne le risque d'avoir un coup de pied perdu de cette boule de nerfs.

Le jour dit, le poulain arriva dans un van. Exlposé d'énervement, il sortit comme une balle en marche arrière et trempé de sueur. Après lui avoir douché ses frêles membres tout tremblants, il fut placé dans un box à côté de celui de Lancelot – avec une grille sur le dessus de porte pour prévenir un grand saut à l'extérieur. Il y avait sur le mur mitoyen des deux boxes une ouverture de la grandeur d'une fenêtre qui leur permettait de passer la tête pour rencontrer le voisin.
Lancelot a clairement couché les oreilles, menaçant cette pauvre chose qui l'envahissait et envahissait notre relation – de deux nous passions à trois. Je les ai fait se rencontrer dans une piste où Lancelot passait son temps à l'ignorer tout en me suivant de très près. C'est seulement quand je les ai laissés seuls en pâture que Lancelot a trouvé avantageux d'être accompagné.
Des signes comme de dégager le poulain d'un mouvement d'épaule en montrant les dents ont tôt fait d'établir les rangs. La pauvre chose en question connaissait un signe de soumission efficace, le « snapping »* qu'il utilisait au moindre déplacement de Lancelot dans sa direction. Je n'ai cependant pas une seule fois assisté à une tentative d'agression physique réelle comme des morsures ou des coups.

A peine quelques jours après son arrivée, je pouvais sans crainte retirer la grille de sécurité du dessus de la porte du boxe. Lancelot et Tchekhov avaient commencé à se « groomer », activité qui consiste à se gratter mutuellement le haut du garrot et qui est la preuve d'un lien social établi. 
Ces échanges de messages claires ont abouti une relation merveilleusement équilibrée, une limpide démarcation entre ceci est à moi, ça tu peux avoir, là c'est moi d'abord, ça on fait ensemble, là tu dégages...
 
Quel parallèle avec l'entreprise? 

Décoder autrui est une activité hautement intelligente...
C'est ce que nous faisons dès que nous mettons le pied dans l'entreprise. Qui fait quoi ? L'organigramme nous permettra sans doute de connaître l'échelon hiérarchique auquel nous nous adressons, mais pas nécessairement le code social à employer, ni les intentions propres à chaque personne de l'entreprise.

A quelques degrés hiérarchiques que ce soit nous ne saisissons pas toujours la complexité des attitudes si nous mettons de côté notre aptitude à les lire. Une agression peut être considérée comme une complexité du jeu social qui va déterminer les interactions possibles entre partenaires. On rencontrera également des coopérations qui se font et se défont avec l'un ou l'autre collègue en fonction des opportunités et intérêts du moment. Un curieux jeu d'alliance soumis aux changements de l'entreprise.

Que faisaient Tchekhov et Lancelot ? Se décoder l'un l'autre pour arriver à une politique d'échanges qui conviendrait à chacun.

Les chevaux sont extraordinairement efficaces dans ce qu'ils vous disent quant à vos positionnements. Ils sont des êtres sociaux comme nous. Si leur structure sociétale diffère légèrement de la nôtre, qu'on en ait si peu conscience ne reflète en rien leur infériorité mais seulement notre ignorance.

L'équi-coaching met en lumière cette aptitude sociale. Et parce qu'en présence d'un animal les mots et comportements affleurent sans crainte du jugement, être conscient de notre façon de nous présenter en public est une expérience inoubliable et d'une grande valeur professionnelle. Comment? En apprenant dans l'instant ce que vous pouvez améliorer et c'est le cheval qui vous l'enseigne.

*Le snapping consiste à étirer les lèvres en une sorte de "sourire" tout en claquant légèrement les mâchoires.

Photo copyright de Nathalie Hupin - reproduction interdite sans autorisation


mardi 28 août 2012

L'equicoaching vous apprendra ce qu'est la puissance d'une émotion


Je reçois en consultation privée d'équicoaching des personnes qui me demandent de les aider à "maîtriser" leurs émotions. Elles ont des idéaux déraisonnables de personnages glaciales qui présentent au monde une surface lisse.
Dans la lignée de La base de la motivation expliquée par l'équicoaching et Comment l'équicoaching permet de comprendre que la communication est un échange où je témoigne de mon parcours personnel voici comment j'ai découvert la puissance d'une émotion avec mon premier cheval.

J'ai donc passé environ huit mois au Haras de la Cense espérant faire des choses magiques avec mon Lancelot. Je tentais de rentrer en contact via une technique qui privilégiait le geste, et j'étais entourée de cavaliers professionnels - ce que je n'étais pas. Frustration! J'en ai versé des larmes voyant que les autres faisaient avec leur cheval des exercices que je n'arrivais pas à réaliser.
Comme le mentionne Linda Kohanov dans son livre le "Tao du Cheval" l'équitation dite éthologique peut parfois donner un sentiment de trahison quand vous êtes face à des cavaliers qui vous assènent que si vous n'avez pas de "feel" ils ne peuvent rien faire pour vous. Ce graal du "feel" est de vous connecter à votre ressenti face au cheval et ce n'est pas une technique.

Nous avons tous des "ressentis" qui sont l'expression physique de nos émotions et ce dès la naissance! 

Si les instructeurs ne pouvaient m'aider c'était simplement parce qu'ils sont formés à vous aider à reproduire des gestes et vous laisse vous débrouiller dans le ressenti qui peut l'accompagner. Pourtant c'est se priver de ce que l'on sait aujourd'hui qu'à la base de tout apprentissage se trouve une émotion.

Quand l'entourage l'ignore, ou est sans maturité à pouvoir vous aider à le rencontrer, ce fameux feel est déstabilisant.

J'avais donc un cheval fatigué que je lui demande plusieurs fois la même chose sur une journée et qui s'endormait entre chaque exercice. Parfois un instructeur le prenait pour le plier aux exercices demandés et je voyais mon Lancelot avec un air de colère triste me jeter un regard en coin. J'étais en dissociation car incapable de me connecter à ce qui se déroulait. Cela me plongeait dans une immense solitude.

Par contre quand j'emmenais mon  fier Lancelot faire une ballade dans la forêt avoisinante, j'avais un cheval tout en émotions, hennissant, les oreilles pointées en avant, le pas alerte et vif... j'étais bouleversée!

On ne manifeste pas ces émotions en public!

Il m'a été donné d'entendre cette anecdote récemment. Une entreprise charge une agence de faire un film publicitaire pour la promotion d'un de leurs produits. Le film est tout simplement somptueux dans le résultat attendu au point que, à la première vision, une jeune femme de l'entreprise fait de rapides applaudissements de joie à la fin de la projection en s'écriant d'une petite voix enthousiaste : "Ooooh... c'est réussiiii!".
Fin de l'épisode.

Dès qu'elle sort de la salle de projection : convocation à la direction.
D'un ton glacial il lui est signifié que "on ne manifeste pas de telles émotions en public!".
Fin de l'histoire.

On pourrait croire que ce récit sort tout droit de l'époque victorienne. Cela s'est passé il y a six mois. Demander à son personnel de réprimer sa joie est une invitation à la maladie ni plus ni moins.

Nous sommes dans cet héritage qu'une émotion ne se montre pas - comme je le vivais dans mon apprentissage en équitation éthologique où l'on nous disait que le cheval est le meilleur moyen de "maîtriser" nos émotions.

Il s'agit moins de les maîtriser que de les accepter telles qu'elles sont! Et apprendre à privilégier et cultiver celles qui procurent une énergie positive sans pour autant étouffer les autres.
Une des principales caractéristiques des personnes qui réussissent est qu'elles expriment leurs émotions d'une part et leur joie en particulier.

La joie est une émotion qui se partage et qui permet d'avancer. Une des raisons principales de se fixer un objectif et de vouloir le rejoindre est la joie d'avoir pu l'atteindre, la joie d'avoir pu le partager, la joie d'être félicité, l'anticipation de la joie qui pourra se vivre pour l'étape à venir. Savoir que la joie active notre envie de vivre, de découvrir et d'entreprendre devrait faire réfléchir.

 

Qu'est-ce qui peut faire si peur dans l'expression de la joie?
J'ai une réponse qui me vient : sa puissance! 
Comme était si puissante la joie exprimée par Lancelot foulant le sol feuillu de son pas élastique dans les parfums de mousse...
C'est une émotion à cultiver au quotidien, elle a l'avantage d'être contagieuse... Allez-y!


lundi 13 août 2012

CONFERENCE

Qu'est-ce que l'équi-coaching?

Images intégrées 1

Mercredi 31 août 2012 à 19h à Bruxelles (Uccle)

Florentine van Thiel, Chevalliance

Loin de toute équitation, l'équi-coaching vous propose une nouvelle vision de l'être humain, une nouvelle vision du cheval, une nouvelle vision du développement personnel et du coaching. En tant que mammifères les chevaux et nous-mêmes avons en commun – entre autres - de partager des émotions et c'est en cela que le cheval peut nous offrir une voie de développement personnel unique. Toute pensée, tout acte a pour origine une émotion qui peut nous être limitante ou bénéfique. C'est en lien au cheval que nous pouvons apprendre à nous comprendre, à comprendre notre entourage dans le cadre d'expériences positives avec eux.
Cette conférence ouvrira une réflexion sur l'importance des relations.
Ce sujet s'adresse à tous.

Adresse : Aimer apprendre – 219 avenue Coghen, 1180 Bruxelles 

Mercredi 31 août à 19h

Participation : 8 €

Inscriptions par mail : flovanthiel@chevalliance.eu


mardi 31 juillet 2012

Les niveaux logiques en équi-coaching





Après cette constatation  que le vivant se traite dans son ensemble à l'inverse d'une voiture que l'on répare au garage, j'ai continué à tenter de satisfaire mon envie obstinée de comprendre Lancelot. 
Ce bel indiférent m'a emmenée sur les chemins de l'équitation dite éthologique*. J'ai assisté à une démonstration de Andy Booth, un instructeur de la méthode dite Parelli. Ce qu'il faisait avec son cheval et les chevaux des autres me semblait tout bonnement magique. Je me suis alors dit que si j'avais ce problème de communication avec Lancelot, sans doute que d'autre que moi avait aussi ce problème avec leurs chevaux. 
En faisant une formation d'instructeur modulaire en équitation éthologique au Haras de la Cense, j'allais pouvoir l'aider, pouvoir m'aider et - accessoirement - pouvoir aider d'autres personnes.
Comme je vous l'expliquais dans l'article intitulé "La Communication" j'avais déjà appris à déplacer des morceaux de mon cheval ce qui avait ouvert une brèche dans notre relation. Je faisais plus attention à ses opinions. Pour ma plus grande difficulté! Lancelot faisait montre de résistance que je comprenais mal...

Il m'a fallu un moment pour comprendre que je faisais moi-même de la résistance et qu'il avait sans doute raison de me mettre sur cette voie de réflexion.

Lancelot est un de mes meilleurs chevaux qui soit pour tester le leadership des managers qui viennent nous voir. Evelyne rencontre ce souci de vouloir emmener le cheval sur un parcours qu'elle a créé. Elle est face à un Lancelot qui la regarde d'un oeil distant qu'elle se décide à lui montrer ce qu'elle veut. Et elle lui parle, lui explique, le supplie... sans effet!
Abordons les niveaux logiques.
De quoi s'agit-il? Ce sont six niveaux superposés nous offrant une représentation de notre conscience. Chaque niveau individuel influence les niveaux qui suivent. Cela permet de pouvoir émettre une hypothèse sur l'origine du blocage.

Voici les différents niveaux tel que définis par Robert Dilts :

1. La Mission :
Pour l'individu : au-delà de l'identité ce à quoi il est relié
Pour l'entreprise : disons que l'individu s'identifie à la mission de l'entreprise

2. L'identité :
Pour l'individu : il s'agit ici de son identité profonde, ce qui donne sens à la vie
Pour l'entreprise : cela sera sa mission, le sens, la stratégie

3. Les valeurs et croyances :
Pour l'individu : la façon dont il se perçoit et ce qu'il croit du monde
Pour l'entreprise : il s'agit des valeurs et de la culture de l'entreprise

4. Capacités :
Pour l'individu : ses ressources, son savoir-faire, ses capacités
Pour l'entreprise : compétences

5. Comportement :
Pour l'individu : ses réactions, ce qu'il exprime
Pour l'entreprise : actions, décisions

6. Environnement :
Pour l'individu : son environnement, ses collègues et les liens qu'il a avec eux
Pour l'entreprise : concurrence, marché

Quel était le problème d'Evelyne?

Evelyne vient d’être nommée manager d’une équipe et pense ne pas avoir de charisme. Elle vient pour régler ce problème "une fois pour toute", car il est récurrent dans son parcours de vie.
Cette croyance va influencer les différents niveaux logiques qui suivent :

- elle n’a pas appris à donner des instructions et devient agressive (Capacités)

- elle est hésitante, parle d’une voix saccadée, elle questionne du regard constamment (Comportement)

- très vite l'équipe va comprendre qu’elle n'est pas sûre d'elle et moins directive, les horaires de travail s'en ressentent (Environnement)

Vous comprenez maintenant l'effet courroie de transmission que provoque une croyance dans l'entreprise. Les niveaux logiques vont nous permettre de voir comment les croyances peuvent être limitantes ou ressources de nos capacités.

Les niveaux logiques dans l'entreprise
En entreprise un manager qui connaît les niveaux logiques pourra efficacement avancer en manoeuvrant sur les comportements de son équipe sans toucher à leur identité. C'est toute la différence entre "tu es nul" (identité) et "il me semble qu'il y a une erreur dans ce dossier dont tu as la charge"(comportement)!

S'attaquer à l'identité mènera à un manque de confiance dans la relation, à de l'irrespect, de la colère et de l'incompréhension. Mentionner un comportement permet un échange.

Rester dans le factuel est la meilleure façon d'agir car nos conclusions sont issues de nos présupposés sur les motivations du collègue ou de l'équipe de travail.

Quand nous utilisons les paroles pour exprimer nos sentiments, nous opérons une falsification et une distortion car nous passons d'un système spontané et inconscient - le ressenti - à une description qui peut fort bien ne pas correspondre à notre vécu.

Certains membres de l'équipe d'Evelyne sont en retard (les faits) elle ne sait pas comment s'exprimer car elle pense être sans charisme (croyance), ça la met en colère - ce qu'elle ne veut pas montrer - et sa communication devient inconsciemment agressive (comportement).

Les animaux qui communiquent constamment au ressenti en non-verbal vont prendre des postures "comme si" lorsqu'ils jouent.. ils ne se trompent jamais sur le message réel entre une posture de menace jouée ou une réelle posture de menace. Ils savent reconnaître le bon message. En comprimant la colère qu'Evelyne ressent par rapport à ce qu'elle croit de son manque de charisme, elle déforce son leadership.

Par contre pour Lancelot, Evelyne communiquait d'abord et avant tout par une succession de gestes et signaux très clairs pour lui et les paroles particulières sont vides de sens. C'est là toute l'efficacité de l'équi-coaching. Une fois levée la croyance limitante, cela a permis à Evelyne de faire l'expérience positive d'un changement d'attitude en direct.